Gestion des ressources pétrolières, gazières et minières

Avec son Rapport 2013 sur les progrès en Afrique, qui a été très bien accueilli, l’Africa Progress Panel a fortement contribué à une meilleure compréhension, au niveau international, de l’énorme potentiel que représentent les ressources pétrolières, gazières et minières de l’Afrique, mais également de la façon de les exploiter afin de permettre à des millions d’Africains de sortir de la pauvreté.
Le rapport est le résultat d’une large consultation menée auprès d’experts et de représentants de gouvernements, du secteur privé, des ONG et du monde universitaire. Depuis son lancement à l’occasion du Forum économique mondial organisé au Cap en mai 2013, il a fait l’objet d’une grande attention à l’échelle internationale.

Le rapport a démontré sans détour que malgré une croissance économique soutenue, certains pays riches en ressources naturelles occupent toujours les dernières places du classement international en matière de développement humain. D’autres pays affichent des inégalités en termes de richesse et de bien-être qui sont parmi les plus importantes au monde.

L’association entre la croissance soutenue et le développement humain offre aux pays africains riches en ressources naturelles une excellente occasion de changer cette situation, en particulier s’ils peuvent accéder à un niveau supérieur de la chaîne de valeur ajoutée de la transformation et de la production minière. La manne des ressources naturelles peut toutefois être un moteur de corruption dans les pays dotés d’une capacité technique et de réglementation limitée, et de contre-pouvoirs peu efficaces.

Pour éviter ce danger, les gouvernements africains doivent renforcer la transparence comme facteur de responsabilité et de responsabilisation des citoyens africains. Les entreprises publiques et les concessions doivent être mieux gérées pour empêcher le détournement des ressources et la sous-évaluation des actifs. Les gouvernements doivent ouvrir leurs livres de comptes au contrôle public et obliger les entreprises des industries extractives à faire de même. L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, la loi américaine Dodd-Frank et d’autres législations similaires de l’UE montrent qu’une plus grande transparence à l’échelle mondiale est dans l’intérêt de chacun.

Les gouvernements doivent également étendre les dividendes des richesses minières par le biais d’une fiscalité juste, de dépenses publiques efficaces et équitables et de stratégies visant à relier les secteurs des industries extractives aux marchés nationaux. La mise en place d’une fiscalité équitable constitue un défi à l’échelle mondiale. Plus qu’un dialogue, elle exige une action internationale concertée.

Il est également nécessaire d’évaluer et de gérer les répercussions de l’exploitation des ressources naturelles sur le plan social et environnemental, de manière à ce que les pays et les populations puissent en bénéficier, plutôt que d’en subir les inconvénients. Pour briser le lien entre conflits et ressources naturelles, il faut une collaboration internationale et régionale. Il est par ailleurs nécessaire de protéger les droits de millions de mineurs artisanaux africains vulnérables, en particulier des plus jeunes.

Si les populations, les gouvernements et la société civile du continent, ainsi que les investisseurs étrangers et la communauté internationale au sens large s’unissent autour d’un programme commun en faveur de la réalisation du potentiel des richesses de l’Afrique en ressources naturelles, ils peuvent, ensemble, mettre le continent sur la voie de la prospérité partagée par tous.

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