Présidé par Kofi Annan, les dix membres de l’Africa Progress Panel interviennent au plus haut niveau pour un développement équitable et durable de l’Afrique.

bulletin of the AFRICA PROGRESS PANEL

Volume 5, Issue 7 — 5 April 2012

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Temitayo Omotola
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Gouvernance: faits et effets

Approfondir et consolider les transformations démocratiques ayant lieu en Afrique, ainsi que renforcer la bonne gouvernance aux niveaux régional et global, demeurent des défis majeurs pour les pays africains.

Comme le montrent deux récents développements en Afrique de l’Ouest, la perspective d’un effondrement demeure une menace toujours présente, même dans les pays supposés jouer le rôle de modèle dans le domaine de la pratique démocratique. Certaines pensent que cela correspond à la thèse du politologue américain Larry Diamond selon laquelle la démocratie est en recul dans l’ensemble du monde.

Les récentes élections au Sénégal illustrent les difficultés que peuvent connaître les démocraties même les plus anciennes et les plus robustes. En dépit des efforts du Président octogénaire Abdoulaye Wade visant à manipuler la Constitution, la voix du peuple a prévalu et Wade a été finalement forcé de reconnaître sa défaite face à son opposant, Macky Sall, après un deuxième tour. Le pays a passé avec succès, ce que le Brookings Institution Press appelle le ‘test de résistance’ de la démocratie. Le Sénégal a couru le risque de perdre sa réputation de seul pays constamment démocratique dans la sous-région ouest-africaine, un pays qui n’a jamais connu de coup d’État militaire et dans lequel le multipartisme a régné sans discontinuer pendant près de 50 ans.

Ensuite, il y a le cas du coup d’État militaire au Mali du mois dernier. Comme le Président de la CEDEAO et Président de la Côte-d’Ivoire, Alassane Ouattara, l’a noté dans une dépêche de l’Associated Press (AP) du 28 mars, le coup d’État menace de remettre en cause plus de deux décennies de gouvernance démocratique au Mali, un pays qui était considéré auparavant comme l’un des plus stables de la région. Ayant eu lieu quelques semaines seulement avant des élections générales au terme desquelles le Président sortant, Amadou Toumani Touré, devait rendre le pouvoir, le coup d’État est vu comme une moquerie de la tradition démocratique du Mali. La raison derrière le coup d’État – une insatisfaction des jeunes officiers concernant la mauvaise gestion par le Président Touré, selon eux, de la lutte contre les sécessionnistes Touaregs dans le nord du pays – a paradoxalement mis le Mali dans une situation de plus grand danger d’être envahi par les rebelles, et l’a rendu plus vulnérable que jamais aux attaques de l’AQMI, la branche d’Al-Qaeda dans la région du Maghreb. La CEDEAO a émis un ultimatum donnant 72 heures au Mali pour revenir à un gouvernement civil, ou bien de devoir faire face à une intervention d’une force régionale.

En raison directe de la situation au Mali, la paix et la stabilité dans la sous-région ouest-africaine sont sujettes à une menace croissante. Des armes de petits calibres disponibles en raison du conflit libyen circulent librement ; l’AQMI agit presque en toute impunité à partir de bases situées dans le désert sahélien ; les populations sont déplacées par la dernière série de conflits ; alors même que des preuves de l’implication des autorités civiles et militaires dans le trafic de drogue continuent à faire surface. Tout ceci constitue, ce que David Lewis du journal Citizen décrit comme étant un “cocktail explosif”.

Le coup d’État au Mali remet en cause la solidité des accords de sécurité régionaux existants et nécessite des solutions régionales renforcées pour répondre à de telles menaces. Les défis concernant la sécurité en Afrique de l’Ouest, notamment une succession de conflits armés parmi les plus brutaux en Afrique, sont multidimensionnels ; ces défis couvaient depuis longtemps et auraient pu être anticipés par l’Union Africaine et la CEDEAO (les deux institutions se réunissaient au Mali au moment du coup d’État).

Étant donné le potentiel manifeste pour des désordres civils et des conflits armés, les organisations régionales doivent faire davantage pour identifier les vulnérabilités dans la gouvernance des États membres et pour les résoudre avant qu’elles ne se transforment en des problèmes majeurs. Tandis que la CEDEAO et l’Union Africaine ont rapidement agit pour pousser au retour de la légalité constitutionnelle au Mali, jusqu’à présent, leur approche concernant les questions de gouvernance et de sécurité semble plus guidée par la gestion de la crise que par la prévention de la crise. Établir ou renforcer les mécanismes régionaux pour renforcer le système d’alerte précoce et de réponse rapide concernant les points chauds devrait être une priorité immédiate ; la stabilité à long terme et les progrès socio-économiques peuvent prospérer seulement quand il y a une certaine confiance dans l’État de droit.

Les thèmes abordés ci-dessus sont discutés plus amplement dans le rapport sir les progrès en Afrique de 2012, qui sera lancé au Forum économique mondial à Addis-Abeba le 11 mai 2012.

Cet éditorial est paru en anglais sur AllAfrica.

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Source:As featured on toonpool.com

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2012 MALI - 21 March 2012 (Captain Amadou Haya Sanogo)

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African democracy ratings 2011.pngSource: The Economist

Opinions

Quote

We cannot allow this country endowed with such precious democratic instruments, dating back at least two decades, to leave history by regressing. It's why Mali needs to immediately return its democratic institutions to normal, this position is nonnegotiable.

  • Alassane Ouattara, the president of Ivory Coast and Chair of ECOWAS

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22-22 April IMF/World Bank Spring Meetings & G20 Finance Ministers/Central Bank Governors meetings: Washington, D.C

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