NOVEMBER 2010 - Brief politique

Investir dans la santé maternelle

Investir dans la santé maternelle
Une femme meurt toutes les minutes de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement dans le monde. Près de la moitié de ces décès ont lieu en Afrique subsaharienne. En dépit des progrès réalisés dans de nombreux pays pour améliorer les soins maternels, la majorité des femmes africaines n’a toujours pas un accès suffisant à de tels services.

Divers obstacles bloquent la progression des indicateurs de santé maternelle : l’insuffisance des données empêche les ministères de mettre en oeuvre efficacement des programmes, alors que des contraintes financières et aux autres problèmes d’accès interdisent l’utilisation des ressources disponibles. Il existe des interventions rentables qui peuvent réduire de manière radicale la  mortalité maternelle. Investir dans la santé maternelle est un impératif politique et social, mais aussi l’assurance de renforcer les systèmes de santé en général. Trois approches clés peuvent considérablement améliorer la santé des femmes en Afrique : maximiser les services fournis par le personnel de santé, mettre en oeuvre des mécanismes financiers efficaces et développer des partenariats politiques.

Des programmes de formation d’agents de santé communautaires (ASC) peuvent améliorer la santé maternelle et ont efficacement réduit la mortalité maternelle en Éthiopie et au Népal. Les ASC jouent un rôle clé dans la fourniture des soins à des populations isolées, en particulier dans les zones rurales, où les services de santé sont rares. Les ASC peuvent améliorer la santé maternelle plus rentablement et toucher un plus grand nombre s’ils disposent des outils nécessaires, tels que téléphones portables, bicyclettes et kits de soins.

Les gouvernements africains continuent d’explorer et de mettre en oeuvre des stratégies rentables pour financer la santé maternelle dans leur pays. Des pays ont créé des subventions, aboli des frais de prestation, mis en place des programmes de mutuelles de santé au niveau  communautaire et national, apporté des financements basés sur la performance, et développé des partenariats pour améliorer la santé maternelle. Alors que les donateurs peuvent apporter les financements indispensables, il est important que les pays et les donateurs collaborent pour garantir le rapport coût-efficacité des programmes et leur alignement sur les priorités nationales. Les gouvernements doivent aussi exploiter la puissance du secteur privé pour améliorer la santé maternelle.

Volonté politique et leadership fort sont indispensables pour mettre en place des interventions innovantes et rentables. Comme les femmes sont souvent marginalisées économiquement, politiquement et socialement, un leadership durable favorisant l’égalité des sexes est nécessaire pour que des progrès importants puissent être accomplis dans le domaine de la santé maternelle. Un leadership fort aux plus hauts niveaux développe les obligations de rendre compte au sein des ministères et leur permet de créer des partenariats durables pour faire progresser la santé maternelle.

Investir dans la santé maternelle est une décision de politique de santé et d’économie judicieuse. Les femmes sont la seule source de revenus dans près d’un tiers des foyers dans le monde. Les vies des femmes qui ont bénéficié des interventions de la santé maternelle génèrent des avantages macroéconomiques. Un grand nombre de ces interventions se révèle être à la fois efficace en termes de réduction du taux de mortalité maternelle, mais aussi en termes économiques, en particulier dans les groupes à haut risque. Certaines de ces interventions entraînent une réduction des coûts et génèrent des retours sur investissement supérieurs à 100 %.