Agriculture, Pêche et Capitaux

L’Afrique subsaharienne a fait d’énormes progrès ces dix dernières années. Les économies de l’ensemble de la région sont en plein essor. Les indicateurs sociaux sont en amélioration et pour la première fois depuis une génération, les taux de pauvreté ont diminué. « Africa Rising » (que l’on peut traduire par « la montée en puissance de l’Afrique ») est devenu la nouvelle formule à la mode. L’Africa Progress Panel a souvent mis en garde contre un optimisme exagéré. On utilise trop de phrases grandiloquentes quand il est question de l’Afrique, et ce qui s’est passé ces dix dernières années a ses bons et ses mauvais côtés.

D’un côté, il y a eu d’indéniables réussites. La croissance africaine a été favorisée par la flambée des prix des matières premières, mais elle s’est maintenue grâce à des améliorations de la politique macroéconomique. L’agriculture, longtemps reconnue comme une priorité rhétorique par les décideurs politiques, fait désormais l’objet d’une attention plus sérieuse, nécessaire pour libérer son potentiel de changement. L’autre facette de l’histoire est moins encourageante. Si on ne tient compte que de sa trajectoire de croissance, l’Afrique semble suivre la voie de certaines des plus belles réussites économiques d’Asie de l’Est. Mais la similitude s’arrête là. L’Afrique n’a pas le capital humain nécessaire pour s’engager sur la voie d’une croissance économique qui changerait réellement les choses.

Cette année, le rapport de l’Africa Progress Panel examine en détail les risques auxquels est confrontée l’Afrique et les opportunités qui s’offrent à elle. Il s’interroge sur ce que doivent faire les gouvernements de la région pour que ces dix années de croissance se traduisent par un développement générateur de changement. L’agriculture est au cœur de la réponse à cette question. Il y a en Afrique des millions d’entrepreneurs dynamiques ayant des projets d’entreprise viables dans des secteurs tels que l’agriculture, la pêche côtière, l’aquaculture et l’industrie agroalimentaire, mais l’Afrique n’est toujours pas en mesure d’acheminer de façon durable les capitaux dont ils ont tant besoin.

Le Rapport sur les progrès en Afrique de cette année cherche comment l’Afrique pourrait répondre à la demande d’investissements en faveur de l’agriculture et de la pêche, qui reste en grande partie insatisfaite. Selon le rapport, l’Afrique doit faire de toute urgence ses révolutions « verte » et « bleue » durables, poussées par des innovations africaines et inspirées des expériences d’autres régions.